L’emploi intérimaire au Luxembourg : dynamiques sectorielles et présence des frontaliers

Source : IGSS, calculs AGAPE

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Pour conclure

L’emploi intérimaire au Luxembourg constitue un véritable baromètre économique, à la fois révélateur des dynamiques sectorielles contrastées et de la dépendance structurelle du pays à la main-d’œuvre frontalière.

 

L’analyse sectorielle de l’intérim met en lumière des dynamiques propres à ce marché, étroitement liée au contexte particulier du Grand-Duché. Les mutations les plus notables concernent le secteur de la construction. Profondément affecté par les tensions sur l’approvisionnement déclenchées par  la guerre aux portes de l’Europe, ce secteur perd, à partir de 2022, près de 1 000 emplois intérimaires. A cela s’ajoute un recul progressif de l’intérim industriel et un moindre recours à l’intérim dans le commerce, dans un contexte d’incertitude pesant sur l’économie du pays.

 

Sur l’angle de l’offre, l’évolution de l’intérim expose encore une fois la dépendance du modèle de croissance luxembourgeoise vis-à-vis de son bassin d’emploi transfrontalier, qui fournit près des trois quarts des effectifs. Le principal constat des dernières années réside dans la reconfiguration géographique des flux, traduits par une baisse d’attractivité de l’intérim auprès des frontaliers allemands et belge et une « polarisation française » généralisée à l’ensemble des secteurs d’activité. Cette concentration croissante autour du bassin lorrain interroge, à terme, la question de la résilience et de la capacité de diversification des canaux d’approvisionnement en compétences du Grand-Duché, dans un contexte de concurrence accrue avec les marchés de l’emploi voisins.