Projections de frontaliers à 20 ans : un éclairage sur l’évolution des flux sur la période 2025-2045

Marginal dans les années 1980, émergent dans les années 1990, le phénomène des travailleurs frontaliers au Grand-Duché a explosé dans les années 2000 et est aujourd’hui un phénomène massif, qui ne peut plus être ignoré tant ses répercussions sont perceptibles dans le quotidien : hausse de l’immobilier en zone frontalière, congestion routière, développement commercial intense entraîné par un pouvoir d’achat élevé, etc.

 

L’ampleur du phénomène doit aujourd’hui être prise en compte de manière plus importante dans les stratégies d’aménagement du Nord-lorrain, afin de ne pas sous-estimer les politiques publiques à mettre en place. Mais pour anticiper, encore faut-il disposer d’éléments permettant d’éclairer les dynamiques à venir. C’est l’objet du présent article, qui présente et met à dispositions les éléments tirés d’exercices de projections réalisés par l’AGAPE.

Concernant les frontaliers, les scénarios sont peu différenciés jusqu’au milieu des années 2030. Mais surtout, le contingent de frontaliers projeté en 2030 (258 000) est inférieur à celui de la projection précédente (270 000 dans le scénario « 50% de frontaliers »).

Cette baisse est liée directement au vieillissement projeté au Grand-Duché : le vieillissement limiterait à long terme les gains de productivité, principal moteur de la croissance du PIB et des emplois.

[1] Pour une présentation détaillée des résultats : https://statistiques.public.lu/fr/actualites/2024/seminaire-economique-nouveaux-scenarios-economiques.html

Cette spécificité s’accompagne d’enjeux très marqués en matière d’aménagement du territoire, justifiant la nécessité de construire une vision partagée entre la France et le Luxembourg sur cette partie de la métropole luxembourgeoise.

Pour conclure

Pour les 20 à 25 prochaines années, le phénomène frontalier est appelé à se poursuivre au vu des perspectives macroéconomiques au Luxembourg. Cette croissance du nombre de frontaliers doit être anticipée dans les documents de planification, d’autant qu’elle est désormais en partie alimentée par des flux résidentiels depuis le Luxembourg et plus uniquement par la conjoncture économique.

 

Cette double dynamique des flux, professionnels et résidentiels, conditionne aujourd’hui toute la dynamique démographique du Nord-lorrain et le ralentissement perçu dans nos projections successives montre que cette dynamique, sans être remise en cause pour le moment, n’est pas non plus acquise sur le long terme.

 

Cette variabilité montre aussi la nécessité pour les territoires de disposer de projections régulièrement actualisées, afin de permettre aux politiques publiques de s’adapter à un contexte local en évolution rapide.