Les secteurs d’activités dépendants des frontaliers au Luxembourg : focus sur les frontaliers français

Une progression soutenue des frontaliers français sur le marché du travail luxembourgeois

Les services administratifs et de soutien, en tête des secteurs dépendants des frontaliers français

Niveau de dépendance

Faible 0-10 %          Modérée 11-25 %       Forte 26-50 %

Outre ces activités dont la dépendance est évidente, il convient de souligner deux autres spécificités :

  • Certains secteurs ont un poids très important de frontaliers français, mais un nombre marginal d’effectifs. Il s’agit de l’industrie extractive et du secteur de la gestion de l’eau, de l’assainissement, des déchets et de la dépollution. Ces secteurs revêtent également une importance stratégique pour le maintien des services d’intérêt général dans le pays.
  • D’autres secteurs emploient un grand nombre de frontaliers français, mais leur poids reste modéré par rapport au total des emplois du secteur : les activités financières et d’assurance, les activités spécialisées, la santé et l’action sociale (entre 20 % et 24 %).

Les emplois de l’administration publique sont peu accessibles aux frontaliers en raison de critères restrictifs comme la nationalité ou la maîtrise du trilinguisme, et ont donc un poids marginal parmi les frontaliers français.

La progression des frontaliers concerne la grande majorité des secteurs d'activité

Entre 2015 et 2025, le niveau de dépendance de l’économie luxembourgeoise n’a fait que progresser et cela pour l’ensemble des secteurs.

Pour certaines activités, la hausse de la dépendance est très marquée : l’industrie extractive, le secteur de l’immobilier, la construction et le commerce.

Les services administratifs et de soutien étaient déjà très dépendants des frontaliers français en 2015 et le secteur a continué à embaucher à un rythme très soutenu après la crise sanitaire : +1,7%/an entre 2015 et 2020 et 6,7%/an entre 2020 et 2025.

 

En volume, les services administratifs et de soutien, mais également, la construction, le commerce, la santé et l’action sociale sont les activités qui embauchent le plus de frontaliers français. Entre 2015 et 2025, le solde des emplois supplémentaires est de plus de 5 000 effectifs pour chacun de ces secteurs.

Enfin, la part des frontaliers dans les emplois supplémentaires créés est très importante pour certains secteurs : commerce (88%), construction (73,5%), activités immobilières (54,6%), activités de services administratifs et de soutien (54%), information et communication (43,1%).

Pour conclure

L’analyse du poids des emplois salariés des frontaliers sur le marché du travail voisin met en évidence une dépendance structurelle croissante de l’économie du Grand-Duché envers les frontaliers français.

En 2025, les frontaliers français atteignent un niveau inédit, représentant un quart des salariés du pays voisin. Cette dynamique touche l’ensemble des secteurs, mais elle est particulièrement marquée dans des activités motrices au Grand-Duché : l’industrie, la construction, le commerce et certains services. Ces secteurs combinent souvent un poids élevé des frontaliers et un volume important d’emplois relevant ainsi le rôle stratégique de la main d’œuvre française dans le fonctionnement de l’économie luxembourgeoise